Moteur de l'économie libanaise, les banques délivrent un message d'espoir

Les banques, principal moteur
économique du Pays du Cèdre, ont été les premières à délivrer un
message d'espoir aux Libanais en leur promettant des jours meilleurs
après la tempête, dans des campagnes de publicité.
"Tous les nuages du monde n'empêcheront pas le soleil de briller
à nouveau sur le Liban", c'est ainsi que la banque Audi a créé la
surprise en lançant une semaine après le début de l'offensive une
campagne télévisée et d'affichage avec comme graphisme un soleil
dessiné par un enfant.
Durant les guerres, c'est généralement au gouvernement que
revient la tâche de soutenir le moral de la population et c'est
apparemment la première fois qu'une société privée prend une telle
initiative.
Le 18 juillet, alors qu'un tapis de bombes s'abat sur le Liban
détruisant maisons et infrastructures, la responsable de la
communication d'Audi, seconde banque de Liban, appelle la compagnie
de publicité Léo Burnett pour lui dire qu'elle veut une campagne de
publicité prête dans les 24 heures.
"Nous ne pouvions pas rester assis comme cela, regarder les gens
déprimer et perdre l'espoir dans leur pays", explique Nadine Abi
Saab, chef de la communication de cette banque.
"Nous avons donc contacté l'agence Léo Burnett, qui nous avait
déjà fait une campagne de voeux de fin d'année avec pour thème le
soleil. Nous leur avons demandé d'adapter cette image à la
situation".
Cette requête a suscité la stupéfaction dans l'agence alors que
la majorité des Libanais cherchaient à se protéger ou à partir. Près
de 200.000 personnes ont quitté le pays en raison du conflit et
700.000 autres ont été déplacées pour fuir les bombes.
"J'étais abasourdie. Je lui ai fait répéter deux fois pour être
bien sûre d'avoir compris", reconnaît Valérie Bassil, responsable
commerciale de l'agence.
Le lendemain, en raison des bombardements, il n'y avait que cinq
employés sur 55 au bureau et les gens étaient divisés sur
l'opportunité de cette campagne. "Je dois dire que j'étais de ceux
qui pensaient que c'était trop tôt, que les gens ne comprendraient
pas, mais la majorité était favorable", confie la directrice du
marketing Nada Abisaleh.
Mais la banque a insisté. Les créateurs étaient partagés sur le
message. Evoquer seulement le soleil alors que le pays était sous
les bombes semblait délicat. "Nous sommes arrivés à une formule
mêlant les nuages et le soleil", dit-elle.
La banque a donné son accord et en trois jours tout était prêt.
Les films ont été envoyés à Dubaï pour les chaînes satellitaires
arabes alors que les routes menant en Syrie étaient bombardées. Les
télévisions libanaises ont été servies et une société d'affichage à
en cinq jours couvert la majorité de ses panneaux, sauf au Liban sud
bombardé par l'aviation israélienne.
"L'accueil a été merveilleux. Nous en avions les larmes aux
yeux. Non seulement des Libanais nous téléphonaient pour nous
remercier mais des publicitaires étrangers nous félicitaient ainsi
que la banque en soulignant que c'était la première fois qu'une
telle campagne avait lieu", affirme Nadi Abi Saab.
Depuis, plusieurs autres sociétés libanaises ont suivi la même
voie. "Celui qui a construit une fois, le refera", peut-on lire sur
les affiches de la banque al Mawared qui énumèrent les dates des
principales offensives israéliennes contre le Liban.
Quant à Sanine, une des principales compagnies d'eau minérale,
ses camions sont recouverts du premier vers de l'hymne national
libanais: "Nous sommes tous pour la patrie", sur fond de paysage
buccolique.

--Sammy KETZ (Papier d'angle)
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# Posté le dimanche 06 août 2006 17:35

STOP

STOP
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# Posté le dimanche 06 août 2006 12:51

Modèle de lettre à Ehud Olmert

Écrivez à Ehud Olmert

Prime Minister and Minister for Social

Welfare and Science and Technology

Office of the Prime Minister

3 Kaplan Street

P O Box 187

Kiryat Ben-Gurion

Jerusalem 91919, Israel

Fax : +972 2 566 4838

+972 2 670 5475

email : via le site du premier ministre

Monsieur le Premier Ministre,
Je vous écris pour vous faire part de mon indignation devant la mort d'un très grand nombre de civils due aux bombardements et autres attaques des forces armées israéliennes au Liban.
Je vous presse donc de mettre fin immédiatement aux attaques délibérés visant des infrastructures et des biens civils, ce qui constitue une punition collective.
Je vous presse également de mettre fin à un usage excessif et disproportionné de la force prenant pour cible tant des objectifs militaires que des objectifs civils, qui seraient considérés comme pouvant avoir une utilisation militaire, et de respecter le principe de proportionnalité.

Je vous prie en fait de mettre fin instamment à ce qui est une violation flagrante du droit international humanitaire et équivaut à des crimes de guerre. Il est essentiel, en cette période où la tension ne cesse d'augmenter à un rythme inquiétant, que toutes les parties se conforment aux exigences du droit international humanitaire.

La Quatrième Convention de Genève interdit les «peines collectives, de même que toute mesure d'intimidation ou de terrorisme» (article 33). L'article147 de la Convention établit que «la destruction et l'appropriation de biens non justifiés par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire» constituent une violation grave des Conventions de Genève et sont des crimes de guerre.
Le principe de distinction est une règle fondamentale du droit international humanitaire coutumier. Le droit international humanitaire interdit strictement toute attaque contre des civils ou des biens de caractère civil.

Je suis également extrêmement préoccupé par la situation dans la Bande de Gaza.
Je vous demande instamment:
— de mettre fin immédiatement aux attaques délibérées contre les infrastructures et les propriétés civiles (comme les attaques récentes contre la centrale électrique et les ponts à Gaza), et à l'utilisation disproportionnée da la force, qui met en danger la vie des habitants de la bande de Gaza
— de prendre des mesures concrètes et urgentes pour restaurer — au frais d'Israël— la fourniture d'eau et d'électricité à la population palestinienne dans les différentes zones qui ont été touchées dans la bande de Gaza, et de remédier aux dommages causés sur le long terme;
— de garantir que des enquêtes indépendantes et impartiales soient menées concernant la mort d'un grand nombre de civils palestiniens, y compris des enfants, ces derniers mois.

Je vous signale que j'envoie en même temps que je vous écris un courrier à l'Autorité palestinienne et aux groupes armés palestiniens, pour leur demander que soit mis fin aux attaques contre les civils israéliens, et que Gials Shalit soit libéré, ainsi qu'au Hezbollah, afin qu'il mette un terme aux attaques contre les civils sur le territoire israélien.

Dans l'espoir que vous comprendrez que l'opinion publique internationale est profondément heurtée par ce qui se passe aujourd'hui, recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération inquiète,

*Votre signature*

# Posté le dimanche 06 août 2006 12:42

Modifié le dimanche 06 août 2006 12:54

"Aujourd'hui ils sont au paradis, j'aurais tellement voulu partir avec eux..."

"Aujourd'hui ils sont au paradis, j'aurais tellement voulu partir avec eux..."
"Ma mère m'avait promis un pique-nique après la guerre et durant les bombardements elle nous parlait des friandises qu'elle nous préparerait", raconte Hawra Hachem, 12 ans, la voix entrecoupée de sanglots. Le pique-nique n'aura pas lieu.
Sa mère et ses trois frères sont morts dans le bombardement israélien sur le village de Cana, le 30 juillet, où 28 civils, dont 16 enfants, ont été tués, dans un abri.
Depuis qu'Israël a entrepris de détruire les moyens militaires du Hezbollah qui a enlevé deux de ses soldats sur son propre territoire, le 12 juillet, le conflit a fait près d'un millier de morts et plus de 3.000 blessés du côté libanais.
Assise dans un coin d'un centre d'hébergement à Saïda, la plus grande ville du sud du Liban, Hawra a le regard perdu.
"J'ai besoin de ma mère. Mes frères me manquent. Que vais-je
devenir?", dit-elle à mi-voix.
Brusquement, elle se met à crier: "Peut-être que ma mère est toujours en vie sous les décombres. Je vous en supplie, allez la retirer, je suis sûre qu'elle est encore vivante".
Puis elle parle de ses frères: Hussein, 12 ans, Ali, 2 ans, très attaché à son nounours, Ibrahim, 7 ans, toujours accroché aux jupes de sa mère, Maryam. Elle qui passait le temps à implorer Dieu qu'aucun mal ne leur arrive.
"J'appelle ma mère, mais elle ne vient pas. Je sens que mon frère fait un faux pas, je me retourne et je ne le trouve pas. De toute façon, il ne trébuchera plus désormais, il ne se fera plus de mal", dit-elle, en larmes.
"Ils sont aujourd'hui au paradis, j'aurais tellement voulu partir avec eux au lieu de rester seule".
Il ne lui reste que son père, blessé, qui est toujours hospitalisé à Tyr.
Hawra est logée dans un appartement de Saïda avec d'autres réfugiés, dont Sana Chalhoub, 14 ans, qui revit encore et encore ses dernières heures avec sa famille.
"Je parlais de l'école et de mes copines, en écoutant avec angoisse le
vombrissement des avions israéliens", se souvient-elle.Fatiguée, elle s'est endormie aux côtés de sa mère, avant que la maison ne s'effondre avant le jour.
"Je me suis réveillée en entendant crier: "que ceux qui sont encore vivants sortent!". Je n'avais pas entendu d'explosion. J'ai senti du sang couler de ma tête. L'obscurité était totale", raconte-t-elle.
Pour sortir, elle a marché sur des corps. "Je me suis mise à appeler: "Papa! maman!" personne n'a répondu. J'ai retrouvé ma soeur Zeinab qui m'a crié de sortir alors qu'elle cherchait nos parents sous les décombres".
Sana a été conduite à Tyr où personne ne lui a dit que ses parents étaient morts. Ce n'est qu'une fois à Saïda, une quarantaine de kilomètres plus au nord, où les familles déplacées viennent consulter le registre des victimes, qu'elle a compris. "Des voisins qui m'ont reconnue se sont mis à pleurer quand j'ai demandé s'ils avaient vu mes parents".
Mohammad Chalhoub, un membre du Conseil municipal de Cana, qui s'occupe de Hawra, de Sana et d'autres déplacés du village, s'efforce d'alléger leurs souffrances mais estime que seul le temps pourra effacer leur peine.
Il faudra d'abord qu'elles puissent faire le deuil de leurs parents en les enterrant. A cause des bombardements, les funérailles des victimes de Cana ont été reportées à plusieurs reprises.

--Mountasser ABDALLAH, AFP

# Posté le dimanche 06 août 2006 10:42

Dis-moi petite

Dis-moi petite
Petite, dis-moi...
Est-ce que tu te rends compte ?
Est-ce que tu n'as pas honte ?
Est-ce qu'à quelques kilomètres de toi,
Des enfants peuvent mourir
Juste parce qu'ils sont nés là-bas
N'ont-ils pas le droit de grandir ?

Petite, dis-moi...
Sur cette bombe, qu'écris-tu ?
Qu'écris-tu sur cet obus ?
Sais-tu qu'Hassan ne verra plus
Sa Maman sourire, ni l'ourson qu'il a reçu
Qu'il ne pourra jamais devenir
Pilote d'avion comme convenu ?

Petite, s'il te plaît...
Eloigne-toi
Oublie ça
Parce qu'au-delà des lignes imaginaires
Qu'on appelle frontières
Parce qu'au-delà de ces lignes-là
Nous sommes tous des frères...

Lea

# Posté le dimanche 06 août 2006 10:11

Modifié le dimanche 06 août 2006 17:31